11 février 1979___Le Dauphiné Libéré______________________________________
Vichy et toute sa région
Au « Don César »
Le chanteur Rudy Morgan : « Je suis un ouvrier de la chanson »
Durant le mois de février, sur la scène du « Don César » se produit chaque soir le jeune chanteur Rudy Morgan.
Dans le halo des projecteurs, apparaît un grand garçon blond. Il débute par « IL TE FAUT BIEN ME CROIRE » une chanson de sa composition. Dès le premier couplet, le silence s’installe dans l’assistance, ce grand sentimental passe la rampe. Sa présence, son timbre de voix, ses gestes, son répertoire trouvent audience parmi le public confortablement installé. Pourtant Rudy Morgan ne cherche aucune gloire, il se voue corps et âme à ce métier dont il a rêvé et pour lequel il s’est lancé dans l’aventure.
Il y a maintenant trois ans qu’il mit à exécution ses ambitions de gamin. Comme beaucoup de jeunes, le désir de voler de ses propres ailes, d’affronter les idées reçues, le conduisit à rompre avec sa famille et sa Belgique natale. Auteur, compositeur, en 1976, il est le Lauréat de la chanson française aux TROIS FRONTIERES. Ses souvenirs de gosse, le souvenir de son père, le tout émaillé de sentiments profonds se traduira par « il te faut bien me croire » véritable autobiographie de son ressentiment premier.
Au cabaret, dans les galas, en avant première avec Gilbert Bécaud à Zagreb, ou encore au BUYUK EFFES HOTEL de Izmir, Ankara et Istanbul, il mène carrière sagement. Son ambition se limite à faire connaître ses œuvres à faire survivre un style sans chercher à briller personnellement.
Après quelques années de scène, où entre deux cabarets l’hôtellerie lui procure un moyen de survie, il analyse la chanson actuelle et déclare, « ce métier devient hélas une impasse pour les braves et une autoroute de chair à sex pour les rats » Puis, il empruntera la phrase de Toulouse – Lautrec, « Frappe toi le cœur, car c’est là qu’est le génie, la pitié, la souffrance et l’amour, regarde je le fais aussi »…
B. ROUX